
Le push pull legs au poids du corps est le split le plus demandé par les pratiquants qui sortent du full body. L'idée est séduisante : une séance pour tout ce qui pousse, une pour tout ce qui tire, une pour les jambes, et chaque muscle récupère pendant que les autres bossent. Sauf que le PPL a été pensé en salle, autour de la barre et des kilos. Le transposer tel quel à la callisthénie produit souvent trois séances bancales : un push trop court, un pull qui plafonne et un legs qui devient du cardio déguisé.
On va donc faire deux choses. D'abord poser honnêtement ce que le split apporte et ce qu'il coûte, chiffres de la recherche à l'appui. Ensuite construire les trois séances et les trois plannings qui marchent réellement sans charge additionnelle.
Le push pull legs, c'est quoi exactement
Le PPL range tous tes exercices en trois familles, selon le mouvement et non selon le muscle :
- ✅ Push. Tout ce qui éloigne la charge de ton corps. Pectoraux, deltoïdes antérieurs et latéraux, triceps. En callisthénie : pompes, dips, pike push up, handstand push up.
- ✅ Pull. Tout ce qui ramène la charge vers toi. Dorsaux, trapèzes, rhomboïdes, deltoïdes postérieurs, biceps, avant-bras. Tractions, rowings, suspensions.
- ✅ Legs. Tout le bas du corps. Quadriceps, ischio-jambiers, fessiers, mollets.
L'intérêt est mécanique. Quand tu fais des dips, tes triceps travaillent de toute façon, que tu le veuilles ou non. Autant les entraîner le même jour plutôt que de les solliciter le lundi en pompes et le mercredi en extensions, ce qui les empêche de récupérer. Le PPL regroupe les muscles qui bossent ensemble pour qu'ils se reposent ensemble. C'est la seule vraie justification du système, et elle est solide.
Le point que la plupart des programmes PPL passent sous silence
Le planning classique, c'est push le lundi, pull le mercredi, legs le vendredi. Trois séances, deux jours de repos entre chaque, ça paraît propre. Le problème est arithmétique : chaque groupe musculaire n'est entraîné qu'une seule fois tous les sept jours.
La méta-analyse de Schoenfeld, Ogborn et Krieger publiée en 2016 dans Sports Medicine a regroupé dix études comparant une séance par muscle et par semaine à deux ou plus, à volume total égalisé. Conclusion des auteurs : entraîner un muscle au moins deux fois par semaine produit de meilleurs résultats sur l'hypertrophie qu'une seule fois. Les données manquaient en revanche pour dire si aller au-delà de deux apportait encore quelque chose.
Traduction pour toi : le PPL en 3 jours n'est pas la version débutant du système, c'est sa version la plus faible. Il reste très bien pour entretenir ton niveau pendant un déménagement ou un mois chargé. Mais si ton objectif est de construire, il te faut soit six séances, soit une rotation qui ramène chaque séance plus souvent que tous les sept jours. Les deux plannings sont plus bas.
Et si tu débutes vraiment, le full body reste supérieur pour une raison qui n'a rien à voir avec l'hypertrophie : tu as besoin de répéter le geste. Trois séances full body te font faire des pompes trois fois par semaine. Le PPL, une seule. Pour apprendre un mouvement, la fréquence écrase tout le reste. Commence par un programme de musculation au poids du corps en full body, et garde le PPL pour plus tard.
Ce qui change vraiment quand tu passes au poids du corps
Tu ne baisses pas la charge, tu changes de variante
En salle, si 4 séries de 8 deviennent faciles, tu ajoutes 2,5 kg. Au poids du corps, ta charge est fixe : c'est toi. La progression passe donc par quatre leviers, à utiliser dans l'ordre.
| Levier | Comment | Quand passer au suivant |
|---|---|---|
| Répétitions | Monter jusqu'au haut de ta fourchette | Toutes les séries au max de la fourchette, 2 séances d'affilée |
| Tempo | Descente ralentie à 3 secondes | Le haut de la fourchette tenu en tempo lent |
| Levier | Variante plus dure : pieds surélevés, prise serrée, unilatéral | Tu tiens le bas de la nouvelle fourchette |
| Lest | Sac à dos chargé, ceinture de lest | Variante maîtrisée et plus de marge de levier |
L'erreur numéro un, c'est de sauter directement au levier. Tu passes aux pompes diamant parce que les pompes classiques t'ennuient, tu te retrouves à 5 répétitions moches, et tu as en réalité reculé. Épuise les répétitions et le tempo d'abord.
La séance legs est le trou noir du PPL callisthénique
C'est le point faible de tous les programmes PPL sans matériel que tu croiseras. Un squat à vide te coûte si peu que tu finis à 30 répétitions, puis 50, puis 80. À ce stade, tu ne construis plus de force, tu fais de l'endurance musculaire. Ce n'est pas inutile, mais ce n'est pas ce que tu cherchais.
La sortie de secours est l'unilatéral. En passant sur une jambe, tu doubles la charge relative sans ajouter un gramme. C'est exactement la fonction du pistol squat et du squat bulgare dans la séance ci-dessous : ce sont eux qui gardent ta séance legs dans une zone de force utile. Sans eux, abandonne l'idée d'une vraie journée jambes au poids du corps.
Le gainage est déjà partout
Pas besoin d'une quatrième séance dédiée. Ta sangle abdominale encaisse sur chaque pompe, chaque dips et chaque traction. Ajoute simplement deux exercices ciblés en fin de séance pull : tu es déjà à la barre, et les relevés de jambes suspendus s'enchaînent naturellement après les tractions. Si tu veux travailler la position creuse à part, le gainage suffit largement.
La séance push
Échauffement obligatoire avant chaque séance : 5 minutes de mobilité épaules et poignets, puis une série légère du premier exercice.
| Exercice | Débutant | Intermédiaire | Avancé | Repos |
|---|---|---|---|---|
| Pompes (variante adaptée) | 4 × 8-12 incliné | 4 × 12-18 au sol | 4 × 8-12 pieds surélevés | 90 s |
| Dips | 3 × 6-10 sur chaise | 4 × 8-12 aux barres | 4 × 8-12 lestés | 2 min |
| Pike push up | 3 × 6-10 | 3 × 8-12 | 3 × 6-10 pieds surélevés | 90 s |
| Pompes serrées | 3 × 8-12 genoux | 3 × 10-15 | 3 × 10-15 diamant | 60 s |
| Pseudo planche lean | 3 × 20 s | 3 × 30 s | 3 × 40 s | 60 s |
Le pike push up est la pièce que la plupart des PPL callisthéniques oublient. C'est lui qui charge les épaules en vertical, donc lui qui construit la base du handstand push up. Si tu ne gardes que trois exercices sur cette séance, garde les pompes, les dips et celui-là. Pour creuser la technique du mouvement de base, la fiche push up détaille les erreurs de placement qui coûtent le plus cher.
La séance pull
| Exercice | Débutant | Intermédiaire | Avancé | Repos |
|---|---|---|---|---|
| Tractions pronation | 4 × 3-6 ou négatives | 4 × 6-10 | 4 × 8-12 lestées | 2 min |
| Rowing australien | 4 × 10-15 | 4 × 12-18 pieds surélevés | 3 × 8-12 une main assistée | 90 s |
| Tractions supination | 3 × 3-6 | 3 × 6-10 | 3 × 8-12 | 2 min |
| Tractions scapulaires | 3 × 10 | 3 × 12 | 3 × 12 en tempo lent | 60 s |
| Relevés de jambes suspendus | 3 × 8 genoux pliés | 3 × 10 jambes tendues | 3 × 10 toes to bar | 90 s |
Commence toujours par les tractions, jamais après le rowing : c'est l'exercice le plus coûteux de la séance, il mérite ton système nerveux frais. Les tractions scapulaires en fin de séance ne sont pas du remplissage, elles entretiennent la santé de tes épaules et le contrôle de l'omoplate qui te servira sur tout le reste.
Si tu n'as encore aucune traction stricte, ne bâcle pas cette séance avec des élastiques : construis d'abord la base avec un travail dédié, puis reviens au PPL.
La séance legs
| Exercice | Débutant | Intermédiaire | Avancé | Repos |
|---|---|---|---|---|
| Squat bulgare | 3 × 8-12 par jambe | 4 × 10-15 par jambe | 4 × 10-15 lesté | 90 s |
| Progression pistol squat | 3 × 5-8 sur boîte | 3 × 5-8 assisté | 3 × 5-8 complet | 2 min |
| Soulevé de terre une jambe | 3 × 10 par jambe | 3 × 12 par jambe | 3 × 12 lesté | 60 s |
| Nordic curl ou pont fessier une jambe | 3 × 8 | 3 × 6-10 | 3 × 5-8 nordic complet | 90 s |
| Mollets debout une jambe | 3 × 15 | 3 × 20 | 3 × 20 en tempo lent | 45 s |
Tout est unilatéral ou presque, et c'est volontaire. La progression vers le pistol squat est le fil rouge de cette séance : tant que tu ne l'as pas, tu as une cible de force concrète, ce qui vaut mieux que d'empiler les répétitions de squats à vide.
Les trois plannings
3 jours : entretien
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Push | Repos | Pull | Repos | Legs | Repos | Repos |
Simple, confortable, mais une seule exposition par muscle et par semaine. À réserver aux périodes chargées ou aux phases de maintien.
4 jours en rotation : le meilleur compromis
Tu ne raisonnes plus en semaine mais en cycle continu : push, pull, legs, repos, push, pull, legs, repos. Le jour de la semaine change à chaque tour, et chaque séance revient tous les quatre jours au lieu de sept. Sur un mois, tu fais environ sept séances de chaque au lieu de quatre. C'est le format que je recommande à la majorité des intermédiaires qui ne peuvent pas s'entraîner six fois.
6 jours : construction
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Push A | Pull A | Legs A | Push B | Pull B | Legs B | Repos |
Deux expositions par groupe et par semaine, ce qui colle à ce que montre la recherche sur la fréquence. Pour que ça tienne, différencie les deux séances : A sur la force avec des répétitions basses et des variantes dures, B sur le volume avec des répétitions plus hautes et des variantes plus accessibles. Si tu copies-colles A en B, tu accumules la fatigue sans rien ajouter.
Besoin d'un cadre déjà bâti plutôt que de construire le tien ? Le programme street workout organise déjà cette progression sur plusieurs semaines.
Les erreurs qui plombent un PPL au poids du corps
- Empiler les variantes au lieu de les choisir. Six types de pompes dans une séance push, c'est six exercices moyens au lieu de trois bons. Trois à cinq exercices suffisent.
- Mettre le cardio au mauvais endroit. Une séance de HIIT au poids du corps la veille d'un legs te prive de ta séance jambes. Place-la après un legs, ou sur un jour de repos complet.
- Sauter la séance legs. C'est la plus dure à aimer, et la première à disparaître. Trois semaines plus tard, ton PPL est devenu un upper body déguisé.
- Rester sur le même programme six mois. Tiens-le huit à douze semaines, puis change les variantes ou le format.
- Confondre courbatures et progression. Ton journal d'entraînement te dit si tu avances, pas tes sensations du lendemain.
Et une évidence qui n'en est pas une : si tu reprends le sport après une longue pause, si tu es en surpoids ou si tu as des antécédents articulaires ou cardiaques, fais valider ta reprise par un médecin avant d'attaquer six séances par semaine.
Par où commencer concrètement
Pose-toi une seule question : combien de jours tu peux réellement t'entraîner, chaque semaine, sur les trois prochains mois. Pas le chiffre que tu aimerais, celui que tu tiendras. Trois jours bien faits battent six jours abandonnés à la troisième semaine.
Ensuite, teste ton niveau sur les trois mouvements pivots : pompes strictes, tractions strictes, squat bulgare. Ces trois chiffres te disent quelle colonne des tableaux ci-dessus est la tienne. Note-les, tu les retesteras dans huit semaines.
👉 Tu veux un plan complet, progressif et déjà programmé plutôt que de tout assembler toi-même ? Récupère le programme callisthénie gratuit : les séances, les progressions et le suivi sont prêts, tu n'as plus qu'à te présenter. 🚀




